J'ai automatisé les audits GEO d'une agence web avec Claude
Poser de vraies questions aux IA et regarder qui elles citent : c'est la phase de tests d'un audit GEO. Je l'ai faite une fois pour l'amour du calvaire, puis j'ai décidé de l'automatiser, parce que j'aime bien souffrir, mais à juste dose. Voici comment je m'y suis pris, les galères comprises, et ce que ça change pour ton entreprise.
Le client, c'est une agence web pour laquelle je produis des audits GEO. Le GEO, en une phrase : c'est le référencement dans les réponses des IA. Quand quelqu'un demande à ChatGPT « quel est le meilleur plombier à Strasbourg ? », le GEO consiste à faire en sorte que ton entreprise apparaisse dans la réponse. C'est le prolongement naturel du SEO, et les clients de l'agence ont tout intérêt à y être. Et ce n'est plus un truc d'early adopters : aux États-Unis, 45 % des consommateurs ont déjà demandé à une IA de leur recommander une entreprise locale. Un an plus tôt, ils étaient 6 %.
Concrètement, je choisis une série de prompts avec des intentions transactionnelles et commerciales, à poser à chacun des moteurs génératifs : ChatGPT, Perplexity, Gemini et Brave, pour récupérer les réponses.

Ce que j'ai construit
Deux automatisations, sans écrire de code moi-même. Je les ai construites en échangeant avec Claude, nourries par des documents de référence sur le GEO et par les enseignements du concours GEO (résultats sur Rankit.fr). Et côté matériel, rien d'exotique : une des interfaces de Claude et un abonnement standard, les mêmes que pour n'importe quel usage.
La première pilote un navigateur et fait la récolte à ma place : elle ouvre une nouvelle conversation et interroge chaque moteur sur une série de questions. Ça fait 7 questions sur 4 moteurs : 28 conversations par audit. Une par prompt, pour une raison bête et pratique : chaque question et sa réponse se récupèrent proprement, sans démêlage, et s'intègrent telles quelles dans l'audit. Chaque réponse est ensuite classée et rangée : un fichier dédié par moteur.

Mon robot avant de lancer les 28 conversations d'un audit.

La seconde produit l'audit et le fichier de recommandations. Pour ça, je suis parti du gabarit que l'agence utilisait pour ses audits SEO, et je l'ai remodelé pour le GEO : plus crédible, plus conséquent, plus précis, mieux structuré.
La galère qui m'a pris le plus de temps
La récolte des réponses a un piège que je n'avais pas vu venir. Au début, les fichiers ne contenaient pas les réponses entières. L'agent lisait la page (le DOM, la structure technique de la page) et récupérait des réponses coupées.
La solution est venue d'une idée simple : chaque moteur IA possède un bouton « Copier » sous ses réponses. J'ai demandé à Claude de trouver l'emplacement de ce bouton dans chaque interface, de cliquer dessus pour copier l'intégralité de la réponse, puis de la coller dans le fichier.

Avec un effet de bord amusant : pendant que le robot tourne, je ne dois rien copier de mon côté. Le presse-papiers est partagé, et si j'y mets quelque chose au mauvais moment, je peux compromettre la récolte. Mon ordinateur et moi, on se partage le copier-coller ; pas super pratique mais c'est le meilleur compromis que j'ai trouvé.
L'autre moitié du système, l'audit et les recommandations, a plutôt bien marché dès le début. Je n'ai fait que l'améliorer au fil du temps.
Si je peux te raconter ces galères avec ce niveau de détail, ce n'est pas de la mémoire : Claude tient mon journal de bord à ma place, chaque session de travail est consignée automatiquement.
La couche de vérification que j'ai dû ajouter
Un exemple d'amélioration née d'un vrai problème : les annuaires. L'audit s'appuie sur des données d'outils SEO (SEMrush) pour vérifier la présence des clients dans les annuaires locaux, et ces données n'étaient pas toujours fiables. Or pour des prestataires locaux avec une fiche Google Business, la présence dans ces annuaires est primordiale, surtout pour le GEO.
J'ai donc ajouté une couche de vérification : Claude pilote un navigateur et va vérifier lui-même, annuaire par annuaire, si le client y est vraiment. L'outil ne remplace pas la vérification, il la fait.
Plus d'une trentaine d'audits plus tard
Plus d'une trentaine d'audits sont sortis de ce pipeline à ce jour. Trente audits, zéro crampe. L'audit et le fichier de recommandations sont transmis à l'agence, qui les présente à ses clients. Le fichier de recommandations contient des champs « à compléter » que le client remplit, et les plus investis font des retours. Ça, c'est top : le livrable n'est pas un PDF qu'on classe, c'est un document de travail qui vit.

Et le gain pour moi ? Je ne l'ai pas chiffré en heures, et je ne vais pas inventer un chiffre. Le vrai gain, c'est que la partie la plus rébarbative de mon métier a disparu, et que cette énergie va maintenant dans ce qui a plus de valeur ou qui me stimule plus.
Ce que ça veut dire pour ton entreprise
Si tu diriges une TPE, tu as forcément ton équivalent de ma récolte de réponses : une tâche répétitive que quelqu'un fait à la main chaque semaine en soupirant. La saisie, les devis, le reporting, la veille.
Ce que cette histoire montre : automatiser cette tâche ne demande plus d'être développeur ni de commander un logiciel sur mesure. Ça demande de bien connaître sa corvée, de la décrire précisément, et d'itérer avec l'outil jusqu'à ce que ce soit fiable. Les galères font partie du chemin, et elles se règlent en discutant.
Le prochain pas : abonne-toi à la newsletter, réponds au premier mail en me décrivant ta corvée, et je te dirai si elle s'automatise. Je t'expliquerai comment je m'y prends dans la newsletter.